Chrétien et soldat. L’état de la question au IIIème siècle

Chrétien et soldat. L’état de la question au IIIème siècle

par

Chrysostome TAMPWO MALEYA

Professeur Associé,Université de Bandundu

Le problème du chrétien soldat s’inscrit dans la problématique générale des relations entre l’Eglise chrétienne et l’Etat. Si aujourd’hui, en République Démocratique du Congo (RDC), la problématique se focalise sur la dimension politique, notamment de l’implication ou non de l’Eglise dans le processus électoral en particulier et démocratique en général, la problématique ne draine pas moins un tas de questions sur d’autres plans, dont celui moral. Même dans des pays comme la France qui ont opté pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat, il ne se passe pas, en ces jours une journée pendant laquelle aucun homme politique ne fait allusion à la religion. Les relations Eglise-Etat varient, en théorie et en pratique, selon les lieux, les temps et les circonstances. Les termes les plus récurrents dans ces relations sont : la compatibilité et l’incompatibilité, la prédominance et la subordination, la séparation et la collaboration, l’immixtion et la non-ingérence.

Dans tous ces débats, on ne trouve souvent l’unanimité ni entre l’Eglise et l’Etat, ni parmi les politiciens, ni entre chrétiens. Le thème que nous avons choisi d’aborder en est un exemple. La question qui se pose est la suivante : un chrétien, peut-il s’enrôler dans l’armée d’un Etat ? Si la question semble simple et la réponse facile pour certains, nous allons nous rendre compte que cette question aux contours politiques et moraux ne reçoit pas de réponse unanime, même parmi les chrétiens.

Sur ce point se vérifie ce que disait Paul Valadier : « Tout se passe comme si tu entretenais l’idée (mais rassures-toi : elle est partagée par beaucoup) que l’Eglise avance en tous domaines une morale toute constituée, bien ficelée, cousue main, sans lacune ni point noir, et en outre que cette morale serait partagée unanimement par la communauté des catholiques, sans discussion ni diversité internes. Or, pour ébranler quelque peu cette vue, souvent en effet entretenue par la hiérarchie afin de voiler la précarité de ses propres propositions, je voudrais suggérer ici à quel point la morale est dans l’Eglise elle-même un vaste chantier, bourdonnant de travaux divers, mais aussi de polémiques, de contestations, le tout (pour te tranquilliser) sur base de grandes convictions partagées. »[1]

Cela est vrai au début de l’Eglise comme de nos jours. L’étude du « De Corona militis » de Tertullien nous permettra de cerner l’état de la question au IIIème siècle. Pour ce faire, nous présenterons d’abord Tertullien et son temps, ensuite l’opinion de Tertullien sur le service militaire des chrétiens avant de jeter un regard biblique sur la question et enfin la position du Magistère au IIIèmesiècle sur l’engagement des chrétiens dans l’armée. Une brève conclusion met un terme à la présente étude.

I. TERTULLIEN ET SON TEMPS

Quintus SeptimusFlorensTertullianus dit Tertullien est né à Carthage vers 150/170 ap. J.-C. des parents païens. Son père était un centurion proconsulaire. Le peu de renseignements que nous avons sur la vie de Tertullien sont tirés de ses œuvres et d’auteurs postérieurs comme Saint Jérôme[2]. Il aurait exercé la profession d’avocat à Rome. Les circonstances de sa conversion au christianisme autour de 193 ap. J. – C. ne nous sont pas connues. S. Jérôme nous dit qu’il était devenu prêtre. Revenu à Carthage, il s’est engagé dans la défense et la promotion de la foi chrétienne. Vers 207, il commença à s’intéresser au montanisme, attiré surtout par la rigueur de leur spiritualité et les fréquentes manifestations charismatiques.[3]« Le montanisme est un mouvement chrétienhétérodoxedu IIe sièclefondé par le prophète Montanusen Phrygie, région de la Turquieactuelle. […] montanisme apparait au moment où l’Église s’organise en système. Ces chrétiens rejetaient le clergé et toute hiérarchie, pour mieux exalter le martyre. Le mouvement fondait aussi son système de croyance sur la promesse de Jésus à ses disciples de leur envoyer, après sa mort, le Paraclet, l’Esprit de vérité, qui devait les conduire en toute vérité et demeurer éternellement avec eux pour leur enseigner les choses qu’ils n’avaient pu comprendre pendant sa vie»[4].

En 213, jalousé et combattu par les prêtres de  l’Eglise Catholique Romaine, il est entré dans le montanisme. Plus tard, il quittera aussi le montanisme pour fonder sa propre secte dont les derniers adeptes seront reconvertis au catholicisme par Saint Augustin (354-430).[5]Parmi les auteurs chrétiens postérieurs, S. Cyprien (vers 210- 258) a tiré un grand profit des écrits de Tertullien. Celui-ci est mort, avancé en âge entre 230 et 240 ap. J.- C. 

Sur le plan politique, l’activité chrétienne de Tertullien s’est déroulée dans l’empire romain, sous la dynastie des empereurs Sévères (193-235). Cette dynastie a été inaugurée par Septime-Sévère en 193, année autour de laquelle se situe la conversion de Tertullien au Christianisme. Septime-Sévère restera au pouvoir jusqu’à sa mort en Bretagne en 211. Il sera alors remplacé par ses deux fils Géta, qui sera assassiné la même année, et Caracalla qui subira le même sort que son frère six ans plus tard, soit en 217. Son assassin, Macrin, sera assassiné à son tour l’année suivante. Le cousin maternel de Caracalla, Elagabal ou Héliogabale, règnera de 218 à 222. Suite à son assassinat, c’est un autre cousin de Caracalla, nommé Alexandre-Sévère, qui viendra continuer et achever le règne des Sévères. Il sera tué en 235.

La dynastie des Sévères, a rencontré l’Eglise chrétienne dans une période de tranquillité relative. Mais cette accalmie n’a pas effacé de la mémoire des chrétiens les grandes persécutions que les empereurs comme Néron (54-68) et Domitien (81-96) lui ont fait subir. La crainte de nouvelles persécutions hante encore les esprits. Et ils savent qu’à tout moment, cela peut recommencer dans tout l’empire ou dans une de ses provinces. Et autant que cela dépend d’eux, les chrétiens évitent tout ce qui pourrait irriter les empereurs et leur apporter de nouveaux ennuis. Ils s’engageaient dans la vie de l’Empire pour s’éviter des problèmes. C’est ainsi qu’ils sont mécontents du comportement du soldat qui offrira à Tertullien l’occasion de parler du rapport entre le christianisme et le service militaire. Les chrétiens, compagnons d’armes du soldat le critiquent en ces termes : cet homme est « un étourdi, téméraire et désespéré, lequel interrogé sur son habit a mis le nom de chrétien en danger, comme s’il n’y avait que lui seul qui eût du courage, et comme si, entre tant de frères ou soldats, chrétiens comme lui, il était le seul qui fût chrétien… Finalement, ils murmurent entre les dents de ce qu’ils courent grande fortune de perdre cette bonne et douce paix dans laquelle ils ont vécu si longtemps. »[6]Quelques années plus tard, se déclencheront les grandes persécutions de Dèce (249-251), Emilien, Valérien et Gallien pendant lesquelles Cyprien dû quitter momentanément son siège épiscopal de Carthage avant d’y revenir et être décapité. 

Que s’est-il donc passé pour que les chrétiens craignent pour leur vie et que Tertullien arrive à se poser la question de la licéité pour le chrétien d’entrer dans l’armée ? Quelle réponse donne-t-il à sa question ? C’est ce que nous allons découvrir à travers l’étude de son livre parénétique intitulé De Corona militis(La Couronne du soldat).

II. TERTULLIEN ET LE SERVICE MILITAIRE

De Corona militisest un livre divisé en 15 chapitres. L’année de composition de cet ouvrage ne fait pas l’unanimité des chercheurs. Les éléments fournis par l’ouvrage lui-même qui orientent les commentateurs sur la date de composition de l’ouvrage sont les suivants : l’allusion à une période de tranquillité vécue par les chrétiens, la gratification récente faite aux soldats par les empereurs et l’usage du mot « empereur » au pluriel. 

Pour certains chercheurs, l’ouvrage était  écrit en 211, pendant la période de transition de Tertullien entre le catholicisme et le montanisme. Le fait récent auquel fait allusion Tertullien dans  cet ouvrage, serait une gratification faite aux soldats par Géta Sévère et Caracalla en honneur de leur défunt père Septime Sévère. La présence des deux empereurs justifie le pluriel employé par Tertullien en disant : « Ces jours passés, les très excellents empereurs ont fait largesse. »[7]

D’autres chercheurs placent le De Corona militisaprès 235, année pendant laquelle le Goth Maximin Ier, choisi empereur associa à la direction de l’empire son fils Maxime ou Maximin. A cette occasion, les soldats reçurent aussi des libéralités de la part des empereurs. La tranquillité dont jouissaient les chrétiens sous les Sévères a été interrompue par l’empereur Maximin qui a gouverné de 235 à 238. La présence des Maximin, père et fils, à la tête de l’empire, les largesses faites aux soldats et le déclenchement des persécutions par Maximin sont pris en compte pour proposer la date de rédaction du De Corona militisaprès 235.

Si l’on s’accorde pour Carthage comme lieu de composition de l’ouvrage, les avis discordent en ce qui concerne le lieu où se sont passés les faits dont il est question dans l’ouvrage. Trois lieux sont proposés par les commentateurs. Il s’agit de Carthage, Lambèse et Rome[8].

Quant au contenu, Tertullien prend parti pour un soldat chrétien qui, à l’occasion d’une libéralité des empereurs, se présenta avec sa couronne de lauriers en main plutôt que sur la tête comme ses compagnons d’armes. Interrogé sur son comportement, le soldat répond qu’étant chrétien, il ne lui est pas permis de se couronner la tête. Traduit devant la cour d’ordre militaire, il se dépouillera de tout son équipement de combat (manteau, chaussures, épée) avant d’être jugé et jeté en prison. Dans la suite du texte, Tertullien ne va pas se contenter de répondre à la question des autres soldats chrétiens : «où est-il écrit qu’on ne doit pas porter de couronne sur la tête ? »[9], auxquels il rétorque « Mais aussi où est-il écrit que nous en devions porter ? ». L’auteur traite alors de l’importance de la tradition non écrite dans l’Eglise, ensuite de la portée historique du port de la couronne lié au culte des idoles et des idolâtres, avec, au centre, le rapport entre la doctrine chrétienne et le service militaire. Le livre se conclue avec l’évocation de l’objection de conscience que les adeptes de Mithra opposent au port de la couronne. 

Allons maintenant « intus in re » avec la question du service militaire pour le chrétien. C’est d’ailleurs ce que Tertullien suggère quand il dit : « Afin donc que je commence par la raison pour laquelle la couronne militaire est en usage, il faut premièrement savoir si la guerre est totalement et absolument licite aux chrétiens ; car quelle apparence y aurait-il de traiter et discourir des accidents, si l’essence et le principal étaient blâmables ? »[10]

Tertullien estime incompatible la vie chrétienne et le service militaire. Nous exposons ci-dessous les arguments qu’il avance au chapitre XI, regroupés par nous en 5 points.

1° « Croyons-nous qu’il soit possible d’accumuler le serment fait à l’homme sur celui qui a été fait à Dieu et après Jésus-Christ répondre et nous enrôler sous un autre seigneur, et renoncer à père et mère, à tout prochain lesquels la loi nous commande honorer et aimer après Dieu et l’Evangile, qui les préfère à toutes autres choses réservées à Jésus-Christ ? »

Ce premier groupe d’arguments se base sur la Tradition et sur la Bible. Lors du baptême, le néophyte fait serment de n’obéir qu’à Dieu seul. Il professe un seul Dieu, le Père, et un seul Seigneur, Jésus-Christ. Quand on s’engage dans l’armée, on jure fidélité à l’Empereur et à la Patrie. Comment concilier ces deux serments ? Le Seigneur a dit : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. »[11]A qui le soldat chrétien donne-t-il sa vie et sa liberté. De qui se fait-il esclave ? De Dieu ou de l’Empereur ? 

Le Seigneur Jésus-Christ venu accomplir la Loi insiste sur le quatrième commandement du décalogue et adresse ce reproche aux pharisiens : « Vous annulez bel et bien le commandement de Dieu pour observer votre tradition. En effet, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère, et : Que celui qui maudit son père ou sa mère soit puni de mort.Mais vous, vous dites : Si un homme dit à son père ou à sa mère : Je déclare korbân (c’est-à-dire offrande sacrée) les biens dont j’aurais pu t’assister, vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou pour sa mère et vous annulez ainsi la parole de Dieu par la tradition que vous vous êtes transmise. »[12].  Or, en entrant dans l’armée, l’on dit au soldat qu’il n’a plus ni père ni mère ni frère en dehors de l’Empereur et de la Patrie.  Comment un soldat chrétien conciliera-t-il ces commandements ? Que le chrétien choisisse donc un seul maître et lui soit fidèle. 

2° « Sera-t-il permis de faire profession de l’épée, vu que notre Dieu a prononcé que celui qui usera du glaive périra du glaive? Le fils de paix ira-t-il au combat, à qui il n’est pas seulement permis de plaider ? Fera-t-il souffrir à autrui les liens, la prison, les supplices, lui qui ne peut venger ses propres injures ? »

Dans cette deuxième série d’arguments, Tertullien affirme que le chrétien est artisan de la paix et de la non-violence. Il rappelle ce que le Christ a dit à Pierre qui a usé de l’épée pour défendre son Seigneur : « Rengaine ton glaive ; car tous ceux qui prennent le glaive périront par le glaive. »[13]Par ailleurs, le Christ se présente comme artisan de paix. Il donne sa paix aux apôtres en ces termes : « Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble ni ne s’effraie. »[14]Quand on sait comment le monde romain pacifiait les peuples, l’on comprend pourquoi le Christ dit à ses disciples : ne vous effrayez pas. Raser les villages, massacrer les peuples, emporter butins et esclaves, voilà ce qu’ils appelaient la paix. Quant au Christ, non seulement il refuse l’usage du glaive à ses disciples, mais en plus il leur interdit de se venger, de rendre le mal par le mal, de se défendre et même de préparer leur défense au tribunal. Il va plus loin en disant : « Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs. »[15]

Dans ces conditions, qu’est-ce qu’un chrétien irait faire dans l’armée s’il ne doit ni user de l’épée, ni faire souffrir à son prochain les liens, la prison, les supplices ?

3° « Entrera-t-il au corps de garde pour autre que pour Jésus-Christ, et le propre jour du dimanche, puisqu’il ne le fait pas pour Jésus-Christ même ? Sera-t-il en veilles pour les temples auxquels il a renoncé ? Et soupera-t-il au lieu où l’apôtre le prohibe ? »

L’on pourra dire : s’il ne peut aller à la guerre, le soldat chrétien pourra au moins faire la garde. Tertullien se demande quand et qui il devra garder. Dans l’armée, tous les jours se ressemblent. Du lundi au dimanche, le soldat monte la garde. Le soldat chrétien, s’en tiendra-t-il au précepte ecclésiastique de l’assemblée dominicale ou obéira –t-il au commandant de l’armée qui l’a établi au poste de garde le dimanche ?

En outre, comment vivra-t-il le fait d’avoir renoncé à la religion romaine traditionnelle et d’aller encore veiller sur les temples de ces dieux auxquels il a renoncé au profit du Christ ? Même s’il est mûr dans la foi, ne devra-t-il pas tenir compte de la loi de la charité énoncée par Saint Paul et éviter de manger dans de tels lieux ? L’apôtre Paul écrit aux Corinthiens : «Si en effet quelqu’un te voit, toi qui as la science, attablé dans un temple d’idoles, sa conscience à lui qui est faible ne va-t-elle pas se croire autorisée à manger des viandes immolées aux idoles ? Et ta science alors va faire périr le faible, ce frère pour qui le Christ est mort! En péchant ainsi contre vos frères, en blessant leur conscience, qui est faible, c’est contre le Christ que vous péchez»[16].

C’est donc une absurdité et un manque de charité pour un chrétien de poser certains actes propres aux soldats. Et la conclusion que l’apôtre tire sur l’abstention des viandes offertes aux idoles peut s’appliquer, mutatis mutandis, au service militaire et à tous les métiers : Si un métier doit causer la chute de mon frère, je me passerai de ce métier à tout jamais, afin de ne pas causer la chute de mon frère.

4° « Défendra-t-il de nuit ceux qu’il aura chassée de jour par exorcismes, s’appuyant et se reposant sur une lance avec laquelle on a outre-percé le côté du Sauveur ? Portera-t-il l’étendard qui est fait à l’envi de Jésus-Christ, et demandera-t-il la marque et la livrée du prince celui qui l’a déjà prise de Dieu ? »

Chaque fois que Tertullien se réfère aux religions non chrétiennes, il ne manque pas de souligner qu’elles sont l’œuvre du démon qui singe la religion chrétienne pour égarer les hommes. A la conclusion du De Corona militis, après avoir fait l’éloge du soldat de Mithra, il ajoute : « Reconnaissons les ruses et desseins de Satan, qui affecte quelque chose du service de Dieu pour nous confondre et juger la foi et religion des siens. »[17]Par les exorcismes, les chrétiens chassaient les démons au nom du Christ. Comment comprendre alors que les mêmes chrétiens qui combattent Satan pendant la journée, aillent encore défendre ses lieux de refuge pendant la nuit. Un chrétien soldat est un agent double. Il pactise avec l’ennemi de son Seigneur. Il trouve son assurance dans l’arme qui a servi contre son Sauveur. Il porte des étendards des divinités païennes au lieu d’exalter la croix du Christ. Lui qui, au baptême, a été marqué du sceau du Christ et a revêtu le Christ, va encore solliciter le galon et la tenue de l’Empereur.

Quel sort réserver à un tel homme ? Un chrétien qui se fait soldat mériterait le sort d’un agent double : la peine capitale.

5° « Celui qui est mort et qui attend d’être éveillé par la trompette de l’ange, sera-t-il éveillé par la trompette d’un trompette ? Le chrétien sera-t-il brûlé selon la discipline militaire, lui à qui il n’a été loisible de brûler et auquel Jésus-Christ a remis la peine du feu ? »

Les arguments regroupés dans ce cinquième point soulignent la différence des mondes dans lesquels évoluent les soldats et les chrétiens. Dans la ligne de la Lettre à Diognète, Tertullien rappelle au chrétien que, bien qu’il vive dans ce monde, il n’est pas de ce monde. Le chrétien, selon Saint Paul, est mort avec le Christ pour ressusciter avec lui, le jour où résonnera la trompette sonnée par l’ange. Un chrétien habitué à la trompette d’un trompette dans l’armée, risque de ne pas reconnaître la trompette de l’ange. Il fait le contraire de ce que l’apôtre préconise. Au lieu de chercher les choses d’en haut, il cherche celle d’en bas[18].

Par ailleurs, la cour d’ordre militaire pouvait condamner un soldat à être brûlé. Pour Tertullien, cela serait un recul, si un chrétien, libéré de la géhenne de feu par le Christ, venait à être condamné aux flammes pour avoir manqué à la discipline militaire. Libéré du feu éternel par son engagement dans le christianisme, il serait insensé qu’il s’engage encore dans l’armée qui pourrait le condamner au feu temporaire. Notre chrétien soldat perdrait ainsi et la terre et le ciel.

Un chrétien qui devient soldat offense l’espérance chrétienne. Que reste-t-il au chrétien si, en devenant soldat, il néglige la foi, la charité et l’espérance chrétienne ? Etre soldat, c’est païen. Et «envers Dieu, autant est le soldat païen fidèle, que le soldat païen infidèle. »

Tertullien reconnaît lui-même qu’il n’est pas exhaustif : « Combien d’autres actes se commettent-ils au camp et aux exploits militaires, qui ne peuvent être attribués qu’au péché ? Même s’enrôler aux bandes des ténèbres, venant de celles de la lumière, est transgresser».

Que préconise alors Tertullien ? Que les chrétiens ne se fassent pas soldats de la nation. Et en cas de nécessité ? Il n’y a aucune nécessité pour les chrétiens de faire le service militaire. Ce service est lié au péché. «Il n’y a aucune nécessité à pêcher à ceux auxquels cette seule nécessité est imposée de ne point pécher » quels que soient les peines et les tourments qui puissent se présenter dans la vie. Quant à ceux qui étaient soldats avant de devenir chrétiens, « comme ceux que saint Jean baptisait, et le très fidèle centurion que Jésus-Christ approuve, et que Pierre catéchise », qu’ils abandonnent l’armée après avoir embrassé la foi ou encore qu’ils y restent en prenant garde de ne manquer en rien à la discipline militaire jusqu’au jour où il se trouvera devant le dilemme : la discipline militaire et la discipline ecclésiastique. Dans tous les cas, devant la contrainte, le chrétien a un choix entre le martyre et la fuite.

Voilà donnée brièvement la position de Tertullien sur le rapport entre le christianisme et le service militaire. Cette position semble trop rigoureuse aux yeux de certains chrétiens. D’aucuns la lie à son radicalisme qui lui a fait quitter, d’abord l’Eglise catholique, ensuite le montanisme. Nous pouvons néanmoins nous poser la question sur la position de la bible à propos du service militaire.

III. BREF REGARD RETROSPECTIF SUR LA BIBLE

Le thème du service militaire est très récurrent dans la bible. On le retrouve dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament. Loin de nous la prétention de mener une étude approfondie et exhaustive sur ce thème. Les biblistes et exégètes pourront mieux nous éclairer là-dessus. Mais nous nous y référons pour appliquer ce que Tertullien lui-même nous conseille[19].

L’Ancien Testament regorge de faits et de paroles de guerre. Les guerres d’agression et de défense y côtoient les guerres civiles et fratricides. Dieu y est présenté comme Seigneur des armées, Yahvé Sabaot.[20]Dieu est lui-même à la tête de ses armées sur terre[21]et au ciel.[22]Bien plus, c’est Dieu qui combat et remporte la victoire avec ou sans armée. Les combats sont souvent d’une telle cruauté que les vaincus sont parfois tous passés au fil de l’épée[23].

Avec le temps, on note une nette évolution de la conception de la guerre, conséquente de la considération de Yahvé non plus comme le Dieu Israël différent des dieux des nations, mais plutôt comme l’unique Dieu. C’est chez le prophète Isaïe, le Deutéro-Isaïe, que nous trouvons les meilleures illustrations de cette nouvelle conception de Dieu: « Je suis Yahvé, il n’y en a pas d’autre, moi excepté, il n’y a pas de Dieu. »[24]Et encore : « Tournez-vous vers moi et vous serez sauvés, tous les confins de la terre, car je suis Dieu, il n’y en a pas d’autre»[25].

Puisque Dieu est l’unique et que tous les peuples lui appartiennent, Il ne saurait se ranger du côté d’une nation contre une autre. La guerre devient donc absurde. Ecoutons le prohète Michée : «Ils briseront leurs épées pour en faire des socs et leurs lances pour en faire des serpes. On ne lèvera plus l’épée nation contre nation, on n’apprendra plus à faire la guerre»[26].

Ces prophètes du temps messianique nous préparent à aborder le thème de la guerre et du service militaire dans le Nouveau Testament. Toutes les références bibliques de Tertullien en la matière sont tirées, comme vous avez pu le remarquer, du Nouveau testament. Sans trop nous y attarder, voyons les grandes lignes de l’attitude de Jésus et des apôtres vis-à-vis des soldats et de la guerre.

Comme l’a observé Tertullien, Jésus n’a dit à personne de quitter l’armée ou de se faire enrôler dans l’armée. Il a reçu indifféremment les soldats et les civils, répondant à chacun selon la dose de foi qu’il mettait dans sa requête. Le plus bel éloge de foi, le Christ l’a adressé non pas à un de ses disciples ou à un Juif, mais bien à un centurion romain.[27]Le Christ a donné les principes généraux du Règne qu’il est venu instaurer et a demandé à chacun de se laisser juger par sa Parole. Néanmoins, à ses apôtres qui voulaient le défendre avec des glaives, il a dit que s’il avait besoin d’être défendu, il le serait par les anges et non par les hommes.[28]

Les apôtres ont souvent recouru à l’exemple de l’armée pour enseigner les fidèles du Christ. Ils se reconnaissent soldats du Christ et invitent les chrétiens à une spiritualisation de la notion de soldat. Laissons parler Saint Paul : « En définitive, rendez-vous puissants dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force. Revêtez l’armure de Dieu, pour pouvoir résister aux manœuvres du diable. Car ce n’est pas contre des adversaires de sang et de chair que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes. C’est pour cela qu’il vous faut endosser l’armure de Dieu, afin qu’au jour mauvais vous puissiez résister et, après avoir tout mis en œuvre, rester fermes. Tenez-vous donc debout, avec la Vérité pour ceinture, la Justice pour cuirasse, et pour chaussures le Zèle à propager l’Evangile de la paix ; ayez toujours en main le bouclier de la Foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais ; enfin recevez le casque du Salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la Parole de Dieu. »[29]

IV. LA POSITION DE L’EGLISE SUR LE SERVICE MILITAIRE DES CHRETIENS

Il nous revient à présent de réfléchir sur la position de l’Eglise vis-à-vis des chrétiens qui servent l’Etat dans l’armée. En d’autres termes, l’Eglise appuie-t-elle Tertullien ou pas ? Pour répondre à cette question, nous allons analyser d’une part la pratique des fidèles et d’autre part les instructions du Magistère.

Retournons au texte de Tertullien. Nous constatons que le geste posé par le soldat couronné n’est pas en soi une remise en question de la compatibilité du service militaire avec le christianisme, mais plutôt un rejet d’une couronne terrestre. Le texte nous fait voir que ce soldat n’est pas le seul chrétien dans le bataillon. Et s’il nous est permis de penser que l’armée impériale ne répartissait pas les soldats selon leur religion, nous pouvons affirmer qu’il y avait d’autres soldats dans d’autres bataillons de l’armée. Pour tous ces soldats, il n’y avait aucun problème pour qu’un chrétien soit enrôlé dans l’armée et défende la patrie sous l’étendard de l’empereur.

S’agissait-il là d’un service forcé par la législation impériale ou par la peur de la persécution ? Nous ne pensons pas, en considérant, d’une part les principes d’enrôlement dans l’armée Romaine au IIIème siècle, d’autre part l’argumentation des chrétiens pour justifier leur enrôlement.

Le service militaire au IIIèmesiècle après Jésus Christ n’était, en pratique, pas obligatoire, quoique tous les citoyens fussent invités à servir la patrie sous le drapeau. « En principe, tous les citoyens doivent toujours le service militaire. En fait, les enrôlements volontaires suffisent à maintenir les effectifs. Les levées de troupes sont exceptionnelles. Le recrutement des légions se fait surtout parmi les provinciaux qui y trouvent, depuis Auguste, toute une série d’avantages : une solde importante (qui, du Ierau IIIèmesiècle, passera de 150 à 500 deniers par an), augmentée de prime diverses ; une retraite (praemiamilitiae) qui se concrétise par l’attribution d’une somme forfaitaire de 3.000 deniers et, plus tard, par la distribution de portions de terrain ; pour les soldats des auxilia[30], l’octroi du droit de cité en fin de service ; ils pourront alors se marier et jouir, en famille, des avantages acquis »[31]

La situation politique au moment de la composition du De Corona militisn’était exceptionnelle ni dans l’empire en général, ni à Carthage. Il n’y avait pas d’état d’urgence qui pouvait nécessiter un enrôlement de force. Malgré la lutte pour le pouvoir et les fréquents assassinats des empereurs, l’Empire et l’Eglise jouissaient d’une période de paix, comme l’indiquent les craintes des compagnons d’armes du soldat qui portait sa couronne de lauriers à la main plutôt que sur la tête, qui venait d’être jeté en prison : « Finalement ils murmurent entre les dents de ce qu’ils courent grande fortune de perdre cette bonne et douce paix dans laquelle ils ont vécu si longtemps. »[32]Cela faisait à peu près cent ans depuis que le grand persécuteur de chrétiens, Domitien, était mort.

Les chrétiens soldats étaient-ils mus par le sens pratique, pour éviter la persécution et bénéficier des avantages accordés aux militaires dans une Eglise qui ne disposait d’aucune structure économique capable de fournir de l’emploi à ses membres, ou bien pouvaient-ils trouver d’autres arguments pour justifier leur présence dans l’armée ?

L’argument des chrétiens soldats pour justifier leur engagement dans l’armée et l’acceptation des gratifications militaires est traduit en ces termes par Tertullien sur un ton polémique : « De ma part j’approuve beaucoup la foi qui croit avant d’être enseignée ; que telle chose doit être observée lors même qu’elle n’en sait pas encore la raison. Il est bien aisé de demander de suite où il est écrit qu’on ne doit pas porter couronne sur le chef ? Mais aussi où est-il écrit que nous en devrions porter ? Pour ceux qui demandent l’autorité de l’Ecriture pour l’opinion qu’ils rejettent, ils ont un préjugé qu’elle est également nécessaire pour l’opinion contraire qu’ils soutiennent. Car si on dit qu’il est permis de porter couronne parce que l’Ecriture ne le défend pas, on peut dire de même que porter couronne est mal fait, parce que l’Ecriture ne le commande pas. Que fera alors la discipline ou l’usage ecclésiastique ? Recevra-t-elle l’un et l’autre comme non défendus ? Ou les rejettera-t-elle comme non commandés ? Mais vous direz : « Ce qui n’est pas prohibé est autant qu’expressément permis. » Tout au contraire ce qui n’est pas expressément permis est autant comme prohibé»[33].

C’est donc un argument scripturaire que je dirais, par l’absurde. Il n’y a, disent-ils, aucun passage de la Bible qui interdit aux chrétiens de porter une couronne sur la tête. Le fait de prendre la couronne, de la garder à la main en disant qu’en tant que chrétien, il ne convient pas de la porter sur la tête, relève de l’étourdissement, de la témérité voire d’un désespoir cherchant à mettre fin à sa vie, sans aucun lien avec la doctrine et la pratique chrétiennes. Bien plus, poser un tel acte de désobéissance militaire et prétendre qu’on le fait parce qu’on est chrétien, risque de déclencher des poursuites contre les chrétiens dans l’armée et dans l’empire.

Quelle était la position du magistère de l’époque par rapport à l’engagement des chrétiens dans l’armée ? La question reste ouverte, d’autant plus que ni les soldats chrétiens ni Tertullien ne se réfèrent à une déclaration individuelle ou collective des évêques. Tertullien apparait ainsi comme le premier à mettre en lumière une incompatibilité du service militaire avec la doctrine chrétienne, là où d’autres se limitaient au port de la couronne et au contenu du serment d’engagement dans l’armée par rapport à la profession de foi au moment du baptême.

Par ailleurs, même chez Tertullien, l’on assiste à  une évolution de pensée par rapport à sa considération dans des ouvrages antérieurs au De Corona militis. Ce qui a fait penser à plus d’un que son penchant vers le montanisme y est pour quelque chose.

En réalité, la question du service militaire des chrétiens ne semble pas faire l’unanimité des pasteurs. Elle constitue un des points sur lesquels, comme l’affirme, Paul Valadier, « la morale dite catholique n’est pas définitivement fixée, et connaît un large éventail de positions, mais il est encore de nombreux domaines où elle reste indéterminée ou largement silencieuse. »[34]La longue citation ci-dessous illustre l’état de la question aujourd’hui : « Ainsi, en matière militaire(désarmement, guerre « juste », défense nationale, etc.), tout le monde sait que, sur des points importants, les divers épiscopats concernés ont pris dans le début des années quatre-vingt des positions différentes, par exemple en ce qui concerne la dissuasion, et que le Saint-Siège lui-même défendait des thèses dans les conférences internationales que tous n’avalisaient pas ; on comprend d’ailleurs que les responsabilités des Américains ne soient pas celles des citoyens de l’Allemagne fédérale, et donc que la conscience chrétienne ici et là ne soit pas engagée de la même manière. Les profondes évolutions actuelles de l’Europe vont d’ailleurs très vraisemblablement provoquer de nouvelles interrogations : elles perturbent déjà les politiques militaires des différents pays, de même qu’elles concernent la stratégie de l’OTAN et des diverses alliances ; il est donc hautement probable que la conscience chrétienne va avoir aussi à s’interroger sur les conséquences de cette situation qui appellera une recherche à frais nouveaux ; et l’on verra sans aucun doute apparaître d’autres clivages et d’autres divergences que précédemment. Déjà, à l’intérieur d’un pays comme la France, des sensibilités fort différentes apparaissent chez des militaires qui pourtant ne cachent ni les uns ni les autres leur volonté de fidélité à l’Evangile ; ainsi a-t-on vu paraître en l’espace d’un an deux prises de position assez antinomiques : l’une, Lutter autrement(octobre 1989), assez favorable à une stratégie et à une attitude non violentes, l’autre, Heureux les artisans de paix(juin 1990), plus sensible aux nécessités de la défense dans un univers de violence généralisée et à ce qu’implique l’amour du prochain dans ce contexte. Voilà deux positions fortement argumentées dont il est bien difficile de déclarer avec assurance que l’une est catholique et l’autre infidèle aux exigences évangéliques»[35].

CONCLUSION

De Corona militisest le premier écrit chrétien consacré à la relation entre le christianisme et le service militaire. La lecture de ce traité de Tertullien fait apparaitre une absence d’instructions officielles de l’Eglise chrétienne du IIIèmesiècle sur l’enrôlement des chrétiens dans l’armée. Face à ce silence du magistère, beaucoup de chrétiens se retrouvent au service de l’empire romain comme soldats. D’autres chrétiens, par contre, refusent le service militaire, le considérant incompatible avec la doctrine chrétienne. Tout comme du temps de Tertullien, le problème de l’engagement des chrétiens dans l’armée continue à diviser les chrétiens et fait apparaître la morale chrétienne comme un « bloc fissuré ».

L’aile qui n’y trouve pas d’inconvénient a connu son apogée au Moyen-âge, avec les croisades. Ces armées chrétiennes conduites par des rois chrétiens dont Louis VII, sur appel des papes (Eugène III, Innocent III), soutenues par la prédication des prêtres comme Saint Bernard de Clervaux, codifiées par le Concile de Trente en 1215 avec la constitution « Ad liberandamTerramSanctam » ; ces armées avaient pour objectif d’aller libérer la Palestine, en général, Jérusalem et le Saint Sépulcre, en particulier, qui étaient tombés sous la domination des musulmans Turcs en 1076. Même des ordres religieux ont vu le jour avec cet objectif. Citons les templiers et les hospitaliers de Saint Jean.  C’est dans cette logique que s’inscrivent aujourd’hui les aumôniers et les ordinaires militaires.

Les chrétiens qui refusent de s’engager dans le service militaire estiment, comme Tertullien, Saint Hippolyte[36], Saint Martin de Tours, qu’il y a des métiers incompatibles avec la doctrine chrétienne. Parmi ceux-ci figure le service militaire. Ils ont travaillé pour que les Etats actuels arrivent à ratifier un statut de l’objection de conscience à partir de 1963 en France.

Que chaque chrétien interroge donc la Bible, la Tradition, sa foi et sa conscience pour répondre à la question de savoir si la guerre est totalement et absolument licite aux chrétiens.


[1]P. VALADIER, Lettres à un chrétien impatient, éd. La Découverte, Paris 1991, 186-187.

[2]Cfr S. JEROME, De virisillustribus53, 1-5.

[3]Cfr BOSIO G. et alii, Introduzione ai Padri della Chiesa, p. 81.

[4]Cfr http://fr.wikipedia.org/wiki/montanisme.

[5]Cfr S. AUGUSTIN, De HaeresibusadQuodvultdeum86.

[6]TERTULLIEN, De Corona militis, I , in www.jesusmarie.com/tertullien– de la couronne du soldat.htm

[7]De Corona, I.

[8]Cfr YANN LE BOHEC, Tertullien, De Corona I: Carthage ou Lambese, in Revue des Etudes Augustiniennes, 38(1992), pp.6-18.

[9]De Corona, II.

[10]De Corona militis, XI.

[11]Mt 6, 24.

[12]Mc 7, 9-13.

[13]Mt 26, 52.

[14]Jn 14, 27.

[15]Mt Mt 5, 44.

[16]I Cor 8, 10-12.

[17]De Corona militis, XV.

[18]Col 3, 1-4.

[19]APol., 18, 1 : Sed quo plenius et impressius tam ipsum quam dispositiones eius et voluntates adiremus, adiecit instrumentum litteraturae, si qui velit de Deo inquirere, et inquisito invenire, et invento credere, et credito deservire.

[20]Voir I Sa 1, 3 ; II Sa 5, 10 ; I Ro 18, 15 ; 2 Ro 3,14 ; Is 51, 15 ; Jér 2, 19.

[21]II Chr14, 11-14 : Yahvé battit les Kushites devant Asa et les Judéens : les Kushites s’enfuirent et Asa les poursuivit avec son armée jusqu’à Gérar. Il tomba tant de Kushites qu’ils ne purent résister, car ils s’étaient brisés devant Yahvé et son camp. On ramassa une grande quantité de butin, on conquit toutes les villes aux alentours de Gérar, car la Terreur de Yahvé s’était appesantie  sur elles, et on les  pilla toutes car il s’y trouvait beaucoup de butin. On s’en prit même aux tentes des troupeaux et l’on razzia nombre de moutons et de chameaux, puis l’on revint à Jérusalem.

[22]I Ro 22, 19 : Michée reprit : « J’ai vu Yahvé assis sur son trône ; toute l’armée du ciel se tenait en sa présence, à sa droite et à sa gauche. »

[23]VoirDt 20, 13 ; Jos 10, 32 ; Jug 1, 8 ; II Ro 8, 12 ; I Mach 5, 28 .

[24]IS 45, 5.

[25]IS 45, 22.

[26]Mi 4, 3.

[27]Mt 8, 10 ; Lc 7, 9.

[28]Mt 26, 52-53

[29]Eph 6, 10-17.

[30]Il s’agit des corps d’infanterie composés d’indigènes.

[31]G. HACQUARD, J. DAUTRY, O. MAISANI, (prés.),Guide romain antique, Evreux 1991, 144-145.

[32]De corona militis, I

[33]De coronamilitis, II

[34]VALADIER P., Op. cit.,201-202.

[35]VALADIER, P., Op. cit., 197-198.

[36]HIPPOLYTE, La Tradition apostolique, XVI.

Publié dans M.E.S., n°100, 2017